Etude sur l' évolution des tempêtes tropicales et les ouragans dans l' Atlantique Nord depuis 1851

 

Une tempête tropical connaît des vents moyens inférieurs à 118,8 km/h. Lorsque la vitesse moyenne du vent dépasse 118,8 km/h la tempête tropical devient alors un ouragan ou un cyclone. Dans les bassins Atlantique et Nord-Est Pacifique pour donner une estimation des inondations et des dégâts en fonction de l'intensité estimée d'un cyclone, on utilise l' échelle Saffir-Simpson .

Dans le bassin de l' Atlantique Nord les cyclones tropicaux peuvent s' appeler aussi des ouragans et des huricanes. Il s' agit de la même chose.

Échelle de Saffir-Simpson et dégâts

Catégorie
Vents moyens maximums
Pression minimale au sol (en hPa)
Marée de tempête
1
118,8 à 151,2 km/h
>980 hPa
1 à 1,7 m
2
154,8 à 176,4 km/h
979 à 965
1,8 à 2,6 m
3
180 à 208,8 km/h
964 à 946
2,7 à 3,8 m
4
212,4 à 248,4 km/h
944 à 920
3,9 à 5,6 m
5
>252 km/h
Inférieure à 920 hPa
> 5,7 m

NB: les vents moyens maximums sont calculés sur 1 minute.

Catégorie
Niveau
Description des dégâts
1
Minimal
Dommages primaires aux bosquets, arbres, feuillage et aux maisons mal construites. Pas de dégâts aux autres structures. Quelques dommages aux faibles infrastructures. Routes côtières basses inondées, dégâts mineurs sur les jetées et les petites embarcations qui ont cassé leurs amarres.
2
Modéré
Dégâts considérables à la végétation, quelques arbres sont déracinés. Dégâts majeurs aux maisons mobiles exposées. Gros dégâts aux faibles infrastructures. Quelques dommages aux toitures, aux fenêtres et aux portes. Pas de dégâts majeurs aux bâtiments. Les routes côtières et les routes basses de l'intérieur peuvent être submergées 2 à 4 heures avant l'arrivée du cyclone. Dégâts considérables aux jetées. Les ports de plaisance sont submergés. Les bateaux de plaisance exposés cassent leurs amarres. L'évacuation des résidences sur le rivage et des régions basses est nécessaire.
3
Etendu
Le feuillage des arbres est déchiqueté ; de grands arbres sont déracinés. Pratiquement toutes les faibles infrastructures sont soufflées. Dommages aux toitures, portes et fenêtres. Quelques dégâts sur les structures des petits bâtiments. Destruction des maisons mobiles. Inondations sérieuses sur la côte ; beaucoup de constructions sur les régions proches de la côte sont détruites. Les grandes structures côtières commencent à être endommagées par les coups de boutoir des vagues et des débris flottants. Les routes intérieures d'évacuation sont coupées par la montée des eaux 3 à 5 heures avant le passage du cyclone. Les terrains situés à 5 pieds au-dessus du niveau de la mer sont inondés à plus de 8 miles de la côte. L'évacuation des résidences basses à quelque distance du rivage peut être nécessaire.
4
Extême
Toute la végétation est jetée bas. Dommages sévères aux toits, portes et fenêtre. Beaucoup de toits emportés. Destruction complète des maisons mobiles. Inondations de toutes les terres situées à 10 pieds au-dessus du niveau de la mer et ce jusqu'à 6 miles à l'intérieur. Dégâts majeurs toutes les structures battues par les flots. Toutes les routes sont inondées 3 à 5 heures avant l'arrivée du cyclone. Érosion majeure des plages. Évacuation massive et obligatoire de toutes les résidences à 2 milles du rivage.
5
Catastrophique
Tout est cassé.

Les dégâts (du moins d'après ce que l'on a pu constater sur les côtes des USA) n'augmentent pas linéairement avec la vitesse du vent. Au contraire, les dommages augmentent exponentiellement avec les vents. Le cyclone ayant des vents de 148 mph (catégorie 4 sur l'échelle Saffir-Simpson) peut produire - en moyenne - jusqu'à 100 fois plus de dégâts qu'un cyclone de catégorie 1 !


Evolution de la période

Dans le bassin de l' Atlantique Nord, la période, sur la période 1851/2004, des tempêtes tropicales et des cyclones s' étend en moyenne du mois de juillet au mois d' octobre. Cette période est fluctuante, selon les années, de temps en temps, elle peut débuter vers la mi-mai ou se terminer vers le début du mois de décembre. Il est arrivé parfois que l'on observe des tempêtes tropicales et des ouragans en janvier, ou en février, ou en mars ou en avril mais cela reste exceptionnellement rare, dont en voici la liste depuis 1851:

-du 18 au 23 janvier-1978: tempête subtropical

-du 2 au 5 février 1952: tempête tropical n°1.

-du 6 au 9 mars 1908: Cyclone de catégorie 2 aux Antilles !

-du 18 au 27 avril 2003: Tempête tropical Ana

-du 21 au 24 avril 1992: Tempête subtropical

Sur plus de 150 ans, la première tempête tropical ou ouragan de la saison semble se produire de plus en plus tôt: vers la mi-juillet au milieu du XIXe siècle contre vers la mi-juin à la fin du XXe début du XXIe siècle. La saison semble aussi s' achevait plus tard dans le temps : seconde quinzaine d' octobre au milieu du XIXe contre le début voire la mi à la fin novembre à la fin XXe début du XXIe siècle.

 

L' allongement de la saison entraîne t-il une augmentation du nombre de tempêtes tropicales et de cyclones ?

Il y a une augmentation du nombre de tempêtes tropicales et de cyclones surtout depuis une dizaine d' années environ.

Par demi-décénie (5ans), on comptait, entre 1851 et 1920, en moyenne 35 tempêtes tropicales et de cyclones. Entre les années 1920 et 1995, on en comptait 49 en moyenne. Depuis on compte en moyenne plus de 60 en moyenne.

 

Par contre, comme le montre le graphe ci-dessous, il n' y a pas, pour le moment, d' augmentation perceptible du nombre cyclone, malgré une baisse entre les années 1901 et 1930. Sur la période 1851/1900, on comptait 26 cyclones s' étaient produits en moyenne par demi-décénie soit quasiment autant que sur la période 1931/1995. Depuis, on en compte plus de 35 en moyenne par demi-décénie.

On peut remarquer que les cyclones de catégorie 4 étaient rares et ceux de catégorie 5 étaient inexistants jusqu'au premier quart du XXe siècle. Ensuite ils sont devenus de plus nombreux réchauffement des températures de la surface des eaux des mers et des océans ( à confirmer).

Les cartes ci-dessous représente l' écart par rapport à la moyenne de la période 1968/1995 de la températures des eaux de surface du mois de juillet à octobre.

 

Sur la période période 1996 à 2004 les eaux ont été plus chaudes (parfois plus 1/2°C d'excédent ! ) qu' habituellement entraînant probablement une hausse du nombre de tempêtes tropicales et de cyclones ainsi qu' une recrudescence, assez nette, des cyclones de catégorie 4 et 5.

 

Sur la période 1970 à 1994, les eaux de surface ont été plus froides (parfois presque 1°C), si l'on se refère au dernier graphe, cela correspond à une diminution assez importante du nombre cumulé de cyclones ayant atteint la catégorie 4 et 5.

 

Sur la période 1950 à 1969, les eaux de surface ont été plus chaudes ( généralement moins de 1/2°C) que la normale. Durant cette période les cyclones de catégorié 4 et 5 ont été plus importants en nombre que durant la période 1970/1994 qui avait connu des eaux de surface plus froides.

En conclusion: Les anomalies des eaux semblent influer sur la violence des cyclones.

 

Historique des cyclones ayant atteint la catégorie 5

Noms
Dates
Pression minimale
Vents moyens maximums
Sans
6 au 20 septembre 1928
929 hPa
259 km/h
Sans
30 août au 13 septembre 1932
259 km/h
Sans
29 août au 10 septembre 1935
892 hPa
259 km/h
Sans
10 au 22 septembre 1938
938 hPa
259 km/h
Sans
4 au 21 septembre 1947
947 hPa
259 km/h
Dog
30 août au 17 septembre 1950
296 km/h
Easy
2 au 13 septembre 1951
259 km/h
Janet
23 au 30 septembre 1955
914 hPa
278 hm/h
Cleo
11 au 22 août 1958
948 hPa
259 km/h
Donna
29 au 14 septembre 1960
932 hPa
259 km/h
Ethel
14 au 17 septembre 1960
981 hPa
259 km/h
Carla
3 au 16 septembre 1961
931 hPa
278 km/h
Hattie
27 octobre au 1er novembre 1961
920 hPa
259 km/h
Beulah
5 au 22 septembre 1967
923 hPa
259 km/h
Camille
14 au 22 août 1969
905 hPa
306 km/h
Edith
5 au 18 septembre 1971
943 hPa
259 km/h
Anita
29 août au 3 septembre 1977
926 hPa
278 hm/h
David
25 août au 8 septembre 1979
924 hPa
278 hm/h
Allen
31 juillet au 11 août 1980
899 hPa
306 km/h
Gilbert
8 au 20 septembre 1988
888 hPa
296 km/h
Hugo
10 au 25 septembre 1989
918 hPa
259 km:h
Andrew
16 au 28 août 1992
922 hPa
278 km/h
Mitch
22 octobre au 9 novembre 1998
905 hPa
287 km:h
Isabel
6 au 20 septembre 2003
915 hPa
269 km/h
Ivan
2 au 24 septembre 2004
910 hPa
269 km/h
Katrina
23 au 31 août 2005
902 hPa
278 km/h
Rita
du 17 septembre 2005 au ....
897 hPa
278 km/h

 

Source: http://weather.unisys.com/hurricane/